La Pologne, meilleur élève de l’Europe, ne veut pas de l’euro
11 mars 2010 0:01 - Le buzz immobilier
Pas dans l’immédiat en tout cas et on les comprend ! Les Polonais “ont le sentiment de prendre leur revanche. Eux qui n’ont rejoint l’Union européenne (UE) qu’en 2004, avec le profil bas du dernier de la classe, les voilà à présent sacrés “meilleur élève” de l’Europe ! De tous les pays de l’UE, la Pologne est le seul à pouvoir se targuer d’une croissance positive (+ 1,7 %) en 2009.
“La Pologne est l’un des pays les plus pauvres de l’UE*, malgré sa croissance continue depuis des années. Cet “effet de rattrapage”, allié à sa taille, est l’une des explications majeures de sa performance actuelle”, analyse Rafal Kierzenkowski, économiste à l’OCDE.
Que le pays ne fasse pas partie de la zone euro est considéré ici comme une chance. Depuis 2000, les autorités laissent flotter la monnaie nationale, le zloty, rendant les exportations plus compétitives pendant la crise, surtout celles des petites voitures Fiat et Ford, fabriquées ici. De plus, la Pologne a largement profité des primes à la casse en Allemagne et en France. L’année 2015 est le nouvel horizon fixé par les autorités pour entrer dans la zone euro. “Nous ne sommes pas pressés. L’exemple de la Grèce nous fait réfléchir. Rien ne nous y force. Il faudra trouver le bon moment”, déclare M. Pawlak.”
“Tous les sondages le prouvent : de tous les Etats membres de l’UE, la Pologne est celui où le sentiment européen est le plus élevé. Pour Philippe Rusin, directeur exécutif du Centre de civilisation française de Varsovie, les jeunes Polonais se sont véritablement “approprié l’Europe”. Maintenant qu’elle est membre de l’OTAN et de l’UE, la Pologne, souligne-t-il, se sent en sécurité “pour la première fois de son histoire”.”
C’est un pays pauvre mais il est bien plus facile d’y geler les salaires, explique l’article. Les gens ont tellement plus qu’avant, la majorité, pas tous, et ils sont bien moins désespérés que les habitants des démocraties européennes vieillissantes.
Il y a aussi la volonté de réussir et le légendaire, aux USA ou en UK par exemple, Les Polonais et le point de croissance de la Grande-Bretagne, ”coté bosseur” polonais. C’est un pays martyr, plaine immense et riche, trop bien placée au coeur de l’Europe ce qui lui a valu d’être envahie, pillée et rasée non-stop. Les gens y ont appris à travailler dès qu’une lueur d’accalmie apparaissait à l’horizon de leur contrée et à ne compter sur personne, elle qui a été si pillée et si lâchée par tous. Cela surprend les occidentaux, mais ce passé paie, enfin !
Et enfin, c’est un pays où il n’y a presque pas de crédits immobiliers qui étranglent la population, alors que les prix du m² baissent un peu partout : Pologne : une faible proportion de la population a un crédit immobilier. Du coup, la population consomme, ce qui dope la croissance. A méditer !
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11 mars 2010 à 21:12
un tel exploit méritait des bravo, d’ailleurs, il y en a plein sous l’article du Monde. Avoir une croissance de près de 2 %, alors qu’ailleurs c’est la pire crise, pire que celle de 1929 selon bcp.
10 avril 2010 à 11:40
13 avril 2010 à 23:21
La Pologne pleure ceux qui lui ont bâti un avenir meilleur
C’est la deuxième fois que la Pologne perd une partie de son élite dans les environs de Katyn, lieu de sinistre mémoire. Le massacre ordonné par Staline en 1940 l’avait profondément meurtrie et vouée à de longues décennies de douleur. La meilleure façon de rendre hommage aux victimes de l’accident d’avion de samedi 10 avril est de souligner qu’elles l’ont rendue plus forte, plus indépendante, économiquement plus solide, et mieux armée pour faire face à cette tragédie.
Le président Lech Kaczynski et le gouverneur de la banque centrale Slawomir Skrzypek font partie des nombreuses figures politiques, intellectuelles et religieuses qui ont péri. Le président du Parlement, Bronislaw Komorowski, assure l’intérim de la présidence du pays et organisera des élections vers la mi-année. On s’attendait à le voir entrer en campagne dans la perspective du scrutin initialement prévu au mois d’octobre. Les sondages le donnaient vainqueur contre M. Kaczynski.
La Pologne, meilleur élève de l’Europe, ne veut pas de l’euro
A la banque centrale, Piotr Wiesiolek, jusque-là adjoint de M. Skrzypek, a pris temporairement le relais. M. Komorowski a déjà annoncé qu’un nouveau gouverneur serait nommé sous peu.
Ceux qui ont disparu samedi ont mis le pays sur les rails du redressement. La dépréciation du zloty, qui avait perdu jusqu’à un tiers de sa valeur il y a un an, au plus fort de la crise mondiale, a contribué à protéger l’économie. Le PIB polonais a crû de 1,7 % en 2009, une performance notable au regard du recul de 4,1 % observé sur la zone euro et du fait qu’aucun autre pays de l’Union européenne n’a progressé. Les investisseurs l’ont remarqué. La banque centrale polonaise est intervenue la semaine passée pour juguler l’appréciation régulière du zloty depuis quelques mois.
Bonne posture
La chance a joué son rôle. Les programmes de prime à la casse des automobiles mis en place en Allemagne et ailleurs ont profité à l’industrie manufacturière polonaise. Cela dit, la politique conservatrice de M. Kaczynski et d’un certain nombre de personnalités politiques nationales y est aussi pour quelque chose. Contrairement à d’autres pays d’Europe de l’Est qui s’étaient adonnés à une orgie de crédit, la Pologne n’a pas connu de grande catastrophe financière. M. Kaczynski avait fait enrager ses adversaires en manifestant bien peu d’empressement à défendre le passage à l’euro.
La Pologne est en bonne posture. Si le déficit public doit être réduit - il pourrait avoisiner 7 % du PIB en 2010 -, on attend aussi une croissance de 3 %, et le gouvernement prévoit de tirer quelque 7 milliards d’euros de la vente de certains actifs publics, dont PZU, la plus grande compagnie d’assurances du pays.
La Pologne est traumatisée à la fois par cet accident d’avion et par la cruelle ironie du sort qui a voulu qu’il se produise sur un vol à destination de Katyn. La population a beaucoup apprécié que la Russie s’associe à sa douleur. Le geste a mis un peu de baume sur une blessure vieille de 70 ans. Les Polonais peuvent espérer un avenir bien meilleur. Ils le doivent en partie à ceux qui sont décédés samedi. Source
21 mai 2010 à 1:25