Les particuliers ont-ils une influence sur les prix de l’immobilier ?
26 février 2010 19:05 - Le buzz immobilier
Alors qu’un lecteur - et en 5 ans il n’est pas le premier - nous suggère de lancer un mois sans achat de toits, voici une analyse de l’influence des particuliers sur le marché immobilier, que nous avons déterré pour vous.
Voici une réflexion qui va vous plaire : ”Les particuliers ont-ils vraiment une influence sur les prix de l’immobilier ? ”
“Les particuliers ont-ils vraiment une influence sur les prix de l’immobilier ? On entend depuis toujours les mêmes vieux poncifs pour expliquer la hausse (ou la baisse) de l’immobilier : taux d’intérêt qui incitent ou non les gens à emprunter, allongement de la durée de vie, migration des retraités vers le sud, éclatement des ménages (ou au contraire regroupement familial pour faire des économies), pénurie de foncier, ralentissement de la construction de logements, et j’en passe.
Pourtant, les particuliers n’ont guère d’influence sur les prix.” L’immobilier, marché obligataire ?
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26 février 2010 à 20:41
Voilà un thème de réflexion intéressant. En vertu de mon expérience personnelle, les particuliers sont a considéré au pluriel. J’entends par là qu’il y a plusieurs types de particulier qui exercent plus ou moins une influence sur les prix de l’immobilier.
En ce qui concerne la catégories des acheteurs, il y a le primo acheteur sans antécédant familial. Il est le premier a accéder à la propriété parce que d’origine modeste. S’il est jeune et sans entourage pour le conseiller, autant dire qu’il est le pigeon rêvé pour un agent immobilier.
Après, il y a le trentenaire. Plus avisé, peut-être à une seconde transaction, il peut davantage arbitrer les négociations, surtout s’il gagne bien sa vie et dispose d’un apport financier substantiel.
Enfin, le quadra et plus âgé. Ce sont les acheteurs qui peuvent poser le plus de problèmes à l’agent immobilier. Avec eux, les négociations se perdent en longueur. L’agent gagné au cours de la première partie d’une carrière n’est pas investie à la va-vite. Mais, déjà à cet âge, on n’est plus un primo-accédant, mais un revendeur. Le seul piège qui attend sournoisement le quadra, c’est le prêt-relais qui tourne au cauchemard. L’appartement qui ne se vend pas, alors que l’on a déménagé dans une maison de +/- 100000 Euros plus chère.
Finalement, le particulier qui vend son domicile est rarement très expérimenté. Lorsqu’il cède sa maison ou son appartement après 25 ou 30 ans d’occupation, il n’a aucun recul sur l’état du marché immobilier. Encore moins de son évolution récente et de ses perspectives à court ou moyen terme. Quel est le propriétaire qui se tient régulièrement au courant de l’évolution du marché immobilier lorsqu’il n’est pas vendeur? Très peu. Quel intérêt d’ailleurs! La question se pose dès qu’il s’agit de changer de domiciliation, que ce soit pour des motifs professionnels ou pour cause de retour au pays à l’occasion de la retraite.
Dès la décision prise de vendre, le propriétaire pousse la porte de l’agence immobilière la plus proche. Il demande une expertise. L’agent immobilier dispose donc d’un énorme pouvoir sur la transaction en déterminant le prix selon des critères, assez obsures au demeurant. Ce n’est que si la vente commence à se faire attendre que le vendeur est soumis au dilemme de s’accrocher au prix initial en espérant qu’un acheteur va poindre le bout de son nez ou il se décide enfin à consentir à baisser le prix. Cela peut prendre des mois, voire des années selon l’impatience du vendeur.
Si l’on tient compte que l’agent immobilier dispose du mandat unique sur le bien et ne communique que les propositions qui l’intéresse, la transaction peut se faire attendre longtemps. Bien entendu, il y a toujours les ventes faites de particulier à particulier. On pourrait dire (pardonnez le langage fleuri à cette occasion) “d’enculeur à enculé”. Certains vendeurs n’hésitant pas à majorer le prix par pur bluff, histoire de voir si ça passe ou si ça casse. Et certains parviennent à vendre au-dessus du prix du moment.
Bref, les particuliers sont liés aux agents immobiliers, lesquels s’adaptent à une conjonture dictée par le BTP et les promoteurs. Dans l’immobilier, c’est un peu comme dans la grande distribution. Le particulier est un demandeur, donc un consommateur placé au bout de chaîne. Il subit le système qui varie en fonction de la conjoncture. Sa marge de négociation est plutôt étroite. La variable la plus influente aussi réside dans sa capacité financière. Si le particulier a les moyens de payer cash, son positionnement ne sera pas le même que s’il doit subventionner son achat par un prêt à 100%…
27 février 2010 à 0:53
Je suis d’accord avec l’analyse de troll des bois, avec du recul et mon expérience, j’ai vu la fièvre acheteuse s’emparer de certains particuliers, succédant à 11 ans de krach (1991/2002).
Et a qui donné naissance en 2002 à une bulle sans précédent,
Dopés par la propagande médiatique, les aides de l’état et l’espoir d’une plus -value importante, rapide, et un sentiment de richesse, des acheteurs aisés (professionnels de la santé, séniors, cadres fonctionnaires, indépendants et du BTP) se mettent à acheter sur un coup de cœur, à la hâte de peur de voir filer la maison de leur rêve, ou que les prix grimpent, ils ne négocient pas, parfois ils font de la surenchère, surpayent leurs acquisitions, manipulés par les professionnels qui laissent planer le spectre de la pénurie, et qui entretiennent un climat anxiogène propice a un comportement moutonnier et la spéculation.