La vertu paradoxale du krach de 1929
8 février 2010 17:16 - Le buzz immobilier
Vive les corrections immobilières ! ”Voilà exactement quatre-vingts ans, le 24 octobre 1929, éclatait à Wall Street le Jeudi noir qui fit basculer le monde dans un cataclysme boursier bientôt suivi d’une dépression économique généralisée qui nourrit la vague fasciste et déboucha sur la Seconde Guerre mondiale, la seule guerre mondiale au sens strict du mot d’ailleurs. Bien triste commémoration donc, mais qui présente une vertu paradoxale : c’est sans doute le souvenir du krach de 29 qui a permis d’éviter un effondrement général en 2008.
“Dans une interview à La Tribune l’autre automne, Valéry Giscard d’Estaing déplora que l’on évoquât trop le précédent de 1929. L’ancien président de la République avait tort car cette résilience du passé a largement contribué à la mise en place des plans de sauvetage financier coordonnés entre les Etats-Unis, l’Europe, le Japon et la Chine. Quel chef d’Etat aurait osé prendre la responsabilité historique de reproduire les erreurs qui avaient mené le monde à la catastrophe ? Retour sur ce moment de l’Histoire qui échappa à tout contrôle. Le Jeudi noir commence en réalité un mercredi. Le mercredi 23 octobre, lorsque, à Wall Street, 6 millions d’actions sont brutalement jetées sur le marché.”
JDF, La vertu paradoxale du krach de 1929 (pour Troll des bois)
- Immobilier : cailloux et gros sous Cailloux & gros sous, ça fait du bien par où ça passe : l’immobilier, l’enrichissement...
- L’immobilier à la lumière des critères architecturaux “Là où les agences immobilières traditionnelles et les nouveaux “chasseurs immobiliers” se contentent de commercialiser...
- Comment l’Islande est sortie de l’enfer “À l’heure où un second plan d’aide à la Grèce a été adopté par les...
8 février 2010 à 23:11
A lire aussi : 1929 - 2007 : une comparaison étonnante
9 février 2010 à 10:18
Salut à tous et merci à Buzzimo pour ce très intéressant article sur la comparaison entre les crises économiques contemporaines… qui m’est dédicacé! Il y a trois différences majeures que le texte ne cite pas. Tout d’abord, la crise de 2007 n’est pas éclatée après une exceptionnelle période de croissance, mais n’est qu’une aggravation d’une crise systémique vieille de 35 ans! Il s’agit de la crise de 1973 dont les effets ont émaillés le septennat Giscard… Autre différence, il n’y a pas de contentieux nationalistes entre les Etats occidentaux pour que les conséquences économiques et sociales d’une crise soient utilisées comme levier à des idéologies extrêmistes. Enfin, la crise de 1929 survient dans une société industrielle où la consommation de masse n’existe pas encore. La société française de l’époque est constituée d’un tiers de paysans (secteur primaire), d’un tiers d’ouvriers (secteur secondaire) et un tiers d’employés (secteur tertiaire). L’impact de la crise n’aura d’effets que ur les deux derniers. On sait l’enrichissement dont bénéficiera la classe paysanne durant la seconde guerre mondiale grâce au marché noir. Il s’agira d’une exceptionnelle période de prospérité pour les agriculteurs qui ne s’est pas renouvelée depuis (peu s’en faut au regard des directives émanant de Bruxelles!). Enfin, l’impact humain de la seconde guerre mondiale, avec en point d’orgue l’utilisation de la bombe atomique, circonscrit l’usage de la force armée à des conflits conventionnels locaux.
Bref, les crises économiques actuelles sont les conséquences de l’hyper financiarisation des rapports économiques au sein des instances spécialisées, hors contrôle des Etats. Les gouvernements n’ayant de fonction que pour circonscrire les effets sociaux, non pour soigner les causes techniques. De telle sorte que l’essentiel de l’activité financière leur échappe, à travers les institutions bancaires, les places boursières et les grands groupes industriels.
L’exemple le plus visible tient dans les délocalisations industrielles. Pour produire plus et moins cher, les industriels ont déportées leurs chaînes de production dans les pays dits “émergeants” pour alimenter la frénésie consommatrice des populations en zone occidentale. La conséquence est le licenciement des ouvriers, donc la disparition du secteur secondaire du tissu économique et la dissolution de la classe ouvrière du tissu social, répondant à la transition ultime des sociétés les plus avancées : 90% d’employés du tertiaire.
La disparition de l’ouvier n’est pas nouvelle. Souvenez-vous des cas Boussac, des charbonnages de France, des Armes et Cycles de Manufrance ou de Lip au cours des années 70. Ce qui se passe actuellement dans certaines entreprises n’est que la continuité d’un vaste mouvement transitionnel qui a débuté il y a 50 ans. Le problème : que devient l’ouvrier licencié? Vous direz un chômeur. Pourquoi? Parce que son niveau d’études très bas combiné à son âge et sa faible mobilité l’empêchent d’intégrer le secteur tertiaire. Lequel secteur est caractérisé par une qualification reposant sur des études longues et la mobilité.
Bref, crise ou pas crise, la transition vers une société post-industrielle fait émerger un nouveau type d’homme caractérisé par un coéfficient intellectuel nécessairement plus élevé, des études très longues, le bilinguisme, le maniement permanent de concepts abstraits, une ‘activité professionnelle dans le secteur tertiaire. De ce fait, depuis les années 80, il ne faut pas s’étonner que persiste une frange de déclassés sociaux que l’on retrouve SDF, chômeurs de longue durée, etc. Cependant, l’homme nouveau qui émerge sera un consommateur poussif, convulsif, obèse et influençable aux modes. Il existera deux marchés du travail : celui des hyper-qualifiés et celui des sous-qualifiés. Ce dernier regroupera les employés qui ne seront pas parvenus à intégrer les strates sociales élevées. Ce sont, par exemple, les femmes de ménage et les hommes d’entretien, les caissières, les petits fonctionnaires… Il s’agit de l’émergence d’un prolétariat urbain du tertiaire, guère plus lucide en tant que consommateur lambda.
Monsieur Valéry Giscard d’Estaing peut donc jouer les vierge effarouchée lorsqu’on lui évoque la crise de 1929 et ses conséquences. Certes, une analyse contextuelle permet de dégager des ressemblances et des différences. ces dernières permettant à l’ancien Président de la République de croire que les spectres du passé sont révolus. C’est la réaction logique d’un européen convaincu qui base ses convictions sur l’avenir communautaire. Wait and see…
9 février 2010 à 11:24
Faites-vous une idée par vous-même concernant notre ancien président VGE:
http://wiki.societal.org/tiki-index.php?page=DebatVGE
9 février 2010 à 12:21
Pour retomber dans l’anecdote, je considère le dernier roman de VGE médiocre et peu représentatif d’une stature d’académicien. Faire un roman à l’eau de rose digne de Barbara Cartland n’est pas ce qu’on attend d’un membre de l’Institut.
9 février 2010 à 19:23
Pareil, je le trouve nul et de mauvais goût pour un ancien chef d’Etat alors qu’il y a des sujets plus graves. Il est gateux et hors du temps (on âge et sa personalité, peu amène, égoïste, en tout cas l’impression qu’on en retire).
10 février 2010 à 13:17
Et pour cause, il n’a pas la stature d’un académitien…je rappelle qu’il a fait un coup de force monstreux pour s’incruster à l’Académie.
10 février 2010 à 13:45
@ Troll des bois,
merci pour vos remarques. Un gros bémol cependant : avez-vous entendu parler des “intellos précaires” (environ 800.000, voire 1000000 en France) ? Savez-vous que nombre d’hyper-compétents, souvent très diplômés sont payés au lance-pierres, au coup par coup (soi-disant stagiaires, même à 50 ans) et se retrouvent caissiers-caissières, ou aides à la personne, etc ? Avec bien sûr d’obligeantes remarques sur le fait que leur vrai “travail” (pigiste, scénariste, enseignant, etc) n’en est pas vraiment un, juste un loisir ?
Non parce qu’il y en a marre d’entendre que ce sont des gens non formés, non diplômés, etc,qui constituent le nouveau “prolétariat” du terciaire… Et que le problème c’est le défaut de formation. (Sans compter qu’un “non formé” côute beaucoup moins cher qu’un “formé”…)
Cordialement, Amada