Jeudi noir : les squatteurs expulsés de la place des Vosges

18 janvier 2010 15:48 - Le buzz immobilier

Jeudi Noir jugé pour avoir squatté un hôtel particulier Place des Voges, a été sommé de quitter les lieux. Jeudi noir voulait passer l’hiver place des Vosges mais le droit à la propriété l’a emporté sur le droit au , ce qui n’est pas surprenant. Le tribunal d’instance du Ve arrondissement de Paris a ordonné lundi l’expulsion des militants de l’association pour le droit au d’un hôtel particulier qu’ils occupent depuis fin octobre Place des Vosges, à Paris. Et ce, “à compter du 8ème jour du prononcé de la présente ordonnance”, soit à compter de lundi prochain.

Le tribunal de Paris a ordonné également aux squatteursde payer à la propriétaire, Béatrice Cottin, “la somme de 3.400 euros mensuels à titre d’indemnité d’occupation” du 31 octobre (date du début de l’occupation des locaux) jusqu’à lundi prochain. S’ils n’ont toujours pas quitté les lieux d’ici là, ils devront payer 25.000 euros par mois à partir du 26 janvier. Les 33 militants squatteurs risquaient d’être condamnés à payer 140.000 euros, comprenant deux mois de loyers évalués à 69.663 euros mensuels et 1.500 euros d’astreinte par jour de retard.

A cette décision de justice, le collectif Jeudi Noir n’a pas réagi. Ses militants avaient placardé sur la porte d’entrée de l’hôtel particulier, rue de Birague, une affiche indiquant : “pas de réaction”. Une conférence de presse est organisée mardi matin à cette adresse.

C’est dans un des quartiers les plus chers de la capitale, qu’une trentaine de militants de l’association Jeudi Noir squattent depuis octobre un hôtel particulier datant du XVIIe siècle, dont certaines parties sont classées Monuments historiques. Cette bâtisse de 1.000 m² habitables, avec 300 m² de cour intérieure et 80 m² carrés de terrasse, est inoccupée depuis 1965, selon les militants, jusqu’à ce que les activistes du mal- ne l’investissent.

Cet état de fait n’a pas empêché la propriétaire, Béatrice Cottin, 87 ans, héritière d’un empire banquier, de porter plainte, via sa tutrice légale. Elle vit dans une maison de retraite à la suite d’une fracture du fémur et son avocate Me Claire Waroquier a affirmé que sa cliente habitait bel et bien dans le bâtiment jusqu’en 2008.

Jeudi Noir comptait bien profiter de ce procès pour relancer le débat sur les logements inhabités. “Le droit de propriété, quand il n’est pas utilisé, doit être combattu par le droit au . C’est le débat que nous voulons provoquer”, avait lancé Pascal Winter, l’avocat de jeudi Noir, le 30 décembre dernier lors d’un premier procès finalement annulé pour conflit d’intérêt, la juge qui siégeait étant la même qui avait fait placer Béatrice Cottin sous tutelle.

Devant le tribunal, les prévenus ont pu arguer de leur bonne conduite. Lors de leur arrivée, ils ont en effet nettoyé les lieux, débouché les gouttières et veillé à ne rien endommager. Ils pourront aussi se prévaloir du soutien de nombreux hommes et femmes politiques. Jack Lang, qui possède un appartement place des Vosges, Olivier Besancenot, Cécile Duflot, plus récemment Anne Hidalgo et même les Jeunes démocrates (du MoDem) ont notamment apporté leur soutien à l’initiative de Jeudi Noir.

Le laxisme aurait pu encourager d’autres squatters, mais la question des logements vides, de cet immense gaspillage, reste plus que d’actualité. Bon courage aux expulsés, virés en pleins partiels, un délai de quelques jours supplémentaire serait plus humain. On lance un appel à la propriétaire, laissez-leur passer leurs partiels… vous redorerez le blason des riches en France, souvent perçus comme hautains et sans coeur. Un rapide examen de nos archives permet de constater que le collectif des galériens du n’en est pas à son premier essai : Jeudi Noir dans l’impasse !

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2 commentaires to “Jeudi noir : les squatteurs expulsés de la place des Vosges”

  1. Buzzimmo a dit:

    Il y a eu aussi cette banque désafectée, occupée dans Paris

  2. jeudi noir a dit:

    Jeudi-Noir / Bâtiment place des Vosges

    Nuit solidaire du 8ème jour : les habitants de place des Vosges sont officiellement expulsables à partir du 27 janvier. Jeudi-Noir organise une nuit solidaire. Voir l’affiche ici

    Au menu toute la nuit : concerts (piano, saxo et rock), spectacles de danse et de théatre vin chaud, atelier renforcement de barricades et banderoles, visite des salles d’apparat, débats et lectures…

    Rendez-vous au 11 bis rue de Birague à partir de 20h.
    Par ailleurs, pour faire face aux frais de justice (et à ces frais uniquement, pas pour les indemintés) un appel à soutiens a été lancé ici
    A mardi !
    L’équipe de Jeudi-Noir

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