Moi, Julie, mère SDF et blogueuse (et rêveuse qui paie cher ses choix)

14 novembre 2008 21:31 - Le buzz immobilier

Et nous aussi, puisqu’elle cherche de l’aide sociale aux frais du contribuable. Je ne suis pas tendre (à contre coeur et je souhaite que cette famille soit logée le plus rapidement possible), car je veux avertir les jeunes sur la fin de l’Etat providence et sur la nécessité d’accueillir un enfant, ou des enfants comme dans cet exemple, dans un environnement favorable, décent. Le droit de l’enfant prime, et aucun n’a demandé de naître et de survivre dans la rue.

Si vous n’avez pas de parents et de beaux-parents pour vous soutenir financièrement, alors que votre situation professionnelle et celle de votre conjoint est fragile, ne vous lancez pas dans l’aventure de la vie, ne mettez pas d’enfants en route.

Plusieurs jeunes femmes qui ont vécu une histoie d’amour “toutes seules” m’ont adressé des appels aux secours déchirants. Elle finissent par réaliser, une fois enceintes, que l’Etat ne va pas se substituer au père ou à l’employeur ou encore à la famille. Et soit la mère et l’enfant se retrouvent dans la misère, parfois à la rue, soit la jeune fille en mal d’enfant finit par avorter, tard et dans la clandestiné à l’étranger, avec un traumatisme indicible, que la société passe sous silence mais qui détruit leur vie à jamais.

Le buzz immobilier, tous droits réservés

“Au téléphone, elle n’a “pas trop d’idée d’endroit” pour donner un rendez-vous. Peut-être parce que Julie Lacoste, 31 ans, accompagnée de Jules, 6 ans, et d’Orphée, 2 ans, déménage d’appartement en appartement, depuis des mois. Mère et enfants habitent chez qui peut les accueillir, si possible pas trop loin de l’école ou de la crèche, situées dans le 18ème arrondissement, au nord de Paris. Ils ont passé sept mois rue Lépine, trois semaines rue des Envierges, une semaine rue Marx-Dormoy et une rue de l’Evangile, dix jours rue Affre, puis sont revenus rue Lépine.”

Source : Le Monde, Moi, Julie, mère SDF et blogueuse

La suite de l’article ajoutée après le dénoument heureux, le 28.12.2009 (article trouvé sur air-max)

“Certains en auraient fait un chemin de croix. Elle a choisi d’écrire un blog dont le nom est un clin d’œil narquois au slogan de la campagne municipale de Bertrand Delanoë, en mars 2008 “Un temps d’avance”. Depuis septembre, Julie Lacoste y décrit sans pathos sa vie au quotidien. La jeune femme travaille à la bibliothèque de l’université de droit Paris-V, à Malakoff, en proche banlieue sud. Son CAE (contrat d’accompagnement dans l’emploi) lui rapporte 750 euros net par mois, pour 26 heures par semaine. Pas assez pour trouver un appartement pour trois.”

Au métro Château-Rouge, on voit arriver une longue fille en baskets, qui parle d’une voix mesurée et qui sent très bon, un parfum de grand couturier. Elle dit en rougissant : “Ça, je ne veux pas y renoncer, c’est mon petit plaisir.” Julie a aussi investi dans un grand sac équipé de roulettes, parce qu’elle en avait assez de déménager à vélo, avec un sac à dos, des sacs en plastique, Jules devant et Orphée derrière. Ce dernier, précoce en tout, sait déjà lire les prénoms sur les petits lits de la crèche de son frère et dessine à la perfection les requins-marteaux et les raies manta. Il philosophe en suçotant une glace : “Au début, je pleurais un peu, mais ça commence à me plaire d’aller de maison en maison. Je me fais beaucoup de copains.” Evidemment, l’humeur n’est pas tous les jours aussi zen.

Séparée depuis longtemps du père de ses enfants, mais divorcée en septembre, Julie Lacoste a quitté son appartement fin janvier 2008. Elle n’avait pas trouvé de colocataire (c’eût été la troisième) pour partager le loyer de ses 50 m2, situés au-dessus d’un bar ouvert sept jours sur sept, jusqu’à 2 heures du matin.

“La dernière année, ils ont décidé de proposer aux clients des grillades”, raconte Julie sur son blog. La hotte aspirante semblait branchée directement dans les chambres. Julie devait ouvrir toutes les fenêtres la nuit, en plein hiver. Le tout pour 950 euros par mois. Alors elle est partie, pensant que les choses s’arrangeraient, puisqu’elle avait déposé une demande de logement depuis quatre ans.

Elle attend toujours. Jeudi 6 novembre, Julie Lacoste a enfin vu un assistant du maire et député du 18e arrondissement, Daniel Vaillant, qui n’avait jamais répondu à ses demandes. Un flot de courriels et de lettres s’était déversé sur les services de l’élu parisien. La personne qui l’a reçue lui a montré quelques-uns de ces 200 courriers. C’est une autre blogueuse, Marion Le Hir de Fallois, 38 ans, ex-Parisienne vivant depuis quelques années à la campagne, en Haute-Saône, qui a proposé une lettre type aux internautes, révoltés comme elle par la situation de Julie.

“C’est génial, je suis contente, vous ne pouvez pas savoir”, dit en riant cette mère de quatre enfants. “Les courriers, je sais en faire, je me suis dit que c’était comme cela que je pouvais aider Julie”, ajoute cette ancienne militante “largement revenue de l’engagement politique et associatif”. Julie, qui a essaimé quelques meubles, des livres et des souvenirs dans trois caves différentes, a toujours gardé avec elle son ordinateur.

Encouragée par son frère aîné, qui relit ses textes, car elle est très soucieuse de ne pas laisser de fautes d’orthographe, la jeune femme a découvert en même temps ce qu’était la blogosphère et la grande solidarité qu’elle pouvait engendrer. “Il y a quelques mois, je ne connaissais même pas le mot !”, dit-elle, encore stupéfaite des centaines de messages de soutien qu’elle a reçues et de la générosité qu’elle a rencontrée. Son histoire est parvenue au Monde par une abonnée, Tiphaine Oliveira Reis, qui avait découvert le blog par hasard. Contactée, elle écrit : “Je vis en Angola (province de Huambo), et la situation de cette femme qui pourrait être la mienne un jour, ou celle d’autres femmes, m’a beaucoup révoltée. Quand vous rencontrerez Julie, dites-lui combien nous pensons tous à elle (…). Elle peut compter sur nous. Elle et toutes les autres.”

Originaire de la région bordelaise, Julie veut rester à Paris. C’est là qu’est sa vie. Elle y est arrivée à 18 ans, après avoir “arrêté les chevaux”. Avec son BEP agricole, obtenu en alternance dans une maison familiale rurale, où elle était pensionnaire entre 15 et 19 ans, elle avait trouvé plusieurs emplois dans des centres équestres ou d’élevage. Puis elle a abandonné cette vie qui ne correspondait pas à ses rêves. Sa mère, agent EDF, aujourd’hui retraitée, a financé deux années d’études dans une école de théâtre privée - qui n’ont pas permis à Julie de débuter dans le métier. Son père est décédé lorsqu’elle avait 8 ans.

A 23 ans, elle a rencontré Madiop, musicien d’origine sénégalaise et père des enfants, qui ne peut l’aider que de façon “aléatoire”. Une façon pudique de dire qu’il n’a pas non plus de domicile fixe. Bien que la mère de Julie et son second mari se soient portés garants pour elle, elle n’a pas obtenu de logement. Comme elle travaille jusqu’à 20 heures tous les lundis, son frère va chercher les enfants à la crèche et à l’école ; il emmène l’aîné à la piscine. Mais il ne peut pas les loger. “Quand Jules me dit : “On vit comme des bohémiens”, on essaie de rire de la situation. J’essaie de faire en sorte que ce ne soit pas quelque chose de lourd”, raconte Julie, pourtant très lasse de tous ces déménagements.

Depuis le 10 novembre, ils ont posé leurs sacs chez Emmanuelle Mimran, 34 ans, qui vit avec ses deux petites filles près de la crèche d’Orphée, porte de la Chapelle. “Je ne connais pas très bien Julie, mais j’ai entendu parler de ses galères. J’ai trouvé que c’était totalement terrifiant cette situation avec des enfants. Moi j’ai un toit, 80 m2, et voilà, c’est très spontané.” Encore une offre généreuse - à laquelle cette intermittente du spectacle, monteuse dans le cinéma, n’a pas fixé de durée. Mais quand on demande à Jules ce qui lui manque le plus et qu’il ne peut emporter à chaque fois qu’il déménage, il réfléchit un instant et répond : La maison.”

Happy end : Julie et ses enfants installés dans un HLM à Paris

Un temps de retard : journal de bord d’une mère sans logement

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3 commentaires to “Moi, Julie, mère SDF et blogueuse (et rêveuse qui paie cher ses choix)”

  1. unemaman a dit:

    Chapeau!

    Et je vous cite cet article du Salon beige:

    “Informer les femmes du syndrome post-avortement
    Un article du très sérieux Lancet insiste sur la nécessité de l’accompagnement psychologique post-avortement. Monique Lecoufle, membre de la plateforme santé du FRS, propose une modification du livret du ministère, qui est en France à peu près la seule information donnée aux personnes qui vont dans les centres d’orthogénie. Elle propose d’y informer les femmes du risque de syndrome post-avortement.”

    http://www.thematiquefrs.org/dirvifa/plfvie/comacvie/Lancet101108.pdf

    http://www.thematiquefrs.org/dirvifa/plfvie/comacvie/com.html

  2. georges a dit:

    On a une armée en Afghanistan, on a une armée en Afrique, on a une armée au Liban, et des dépenses et du gaspillage pour les nourrir, les armer et on n’a pas de quoi loger une famille.

    Les ampoules et lumières de noel commencent à envahir nos rues inutilement, car les rues sont déjà éclairées, et les coeurs des gens restent sombres, et tout ce gaspillage, mais pas d’argent pour loger une famille?

    On est le pays de l’égalité et de la fraternité ? meme les chiens , ils ont Brigitte Bardot, mais nos concitoyens n’ont personne?

    ni abbé pierre ni soeur Emanuelle?
    Heureusement qu’il reste Marie au grand coeur, c’est humain de mettre dans ton bog l’histoire de cette famille.

    c’est inhumain Nicolas de s’occuper d’un systeme monétaire international et négliger nos familles humaines nationales .

    C’est animal et cruel de fermer les yeux à de telles situations, vous devez avoir honte, vous devez avoir …

  3. Buzzimmo a dit:

    Moi je trouve que mon article est un peu beaucoup sans coeur, mais il y a tant de jeunes femmes rêveuses, je ne parle pas des gens qui ont eu un accident de parcours, qui font d’abord un bébé toutes seules. L’Etat providence permettait de s’en sortir en France durant les 30 glorieuses.

    Je n’ai pas fait dans du Zola, car la légèreté de cette jeune femme n’est pas à suivre, et ni sa mère ni son frère, ni le père de l’enfant ne se sont précipités pour l’aider. Il faut que les jeunes cogitent là dessus. COURAGE JULIE, vous verrez le bout du tunnel, et vous profiterez de la vie encore mieux que les autres.

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